Copilote, le métier vu par Julien Ingrassia

Triple champion du monde WRC, bien parti vers un quatrième titre d’affilé, Sébastien 
81eme Rallye Monte-Carlo 15-20 Janvier 2013ValenceOgier peut compter sur son fidèle copilote Julien Ingrassia. Ce dernier a bien voulu nous expliquer son métier de copilote, méconnu du grand public mais ô combien important.

-Comment devient-on copilote ?

Julien Ingrassia : « Il n’y a pas vraiment « d’école » pour devenir copilote, et pourtant c’est un métier (ou une activité) tellement particulier ! Il faut être rigoureux et concentré, ça c’est indispensable car à chaque instant, depuis le début des recos, jusqu’au dernier pointage du rallye, un copilote est sous « pression »

-Certains le deviennent après s’être rendus compte qu’ils n’étaient pas très efficaces derrière le volant. Avez-vous déjà piloté vous-même en rallye ?

Lorsque l’on évoque cet aspect du « pilote refoulé », je dis souvent que dans une entreprise, il y a un comptable et un vendeur, les deux ont des fonctions différentes et l’un ne peut pas remplacer l’autre. Evidemment en rallye, le plaisir d’avoir le volant entre les mains est bien réel, c’est grisant ! Mais je ne fais pas la confusion entre le côté fun que je peux avoir lorsque je fais une partie de karting, et l’adrénaline qui me tient lorsque je suis sur une manche du WRC en copilote.

-Sébastien Ogier n’a pas la réputation de sortir fréquemment mais cela arrive forcément en rallye. La peur est-elle présente ?

On va dire qu’en moyenne, essais compris, on sort entre une ou deux fois par an. Je OCE_5949_originalvous je vous garantis que ce n’est vraiment pas grand-chose, car c’est l’équivalent de 6000 ou 7000km à flirter avec les limites dans chaque virage. Je ne pense pas que la peur soit « présente » en nous, si elle nous accompagnait au quotidien ce serait un frein. Mais dans le même temps, je dois être honnête : lorsque comme en Suède la Polo décroche à 180km.h, on prend un bon vieux coup de speed…!

-Quel est votre meilleur souvenir de copilote ?

Après tant d’années dans le baquet de droite, c’est difficile d’extraire une seule image… Que ce soit à mes débuts aux côtés de mon pote Boris au rallye Ronde De la Durance, ou la victoire pour deux dixièmes de secondes face à Latvala en Jordanie, les émotions sont là !

-Et le pire ?

La sortie de route au rallye d’Allemagne, où nous avons tiré droit dans un rail de sécurité à fond de six…On s’en est bien sorti, mais ça laisse quand même des traces.

-Quel souvenir avez-vous du rallye du Touquet ?

Je n’y ai participé qu’une seule fois, avec Seb en 2007. C’est une épreuve au profil vraiment particulier, qui a toute sa place dans la diversité du Championnat de France des rallyes. En tout cas j’en garde un très bon souvenir, puisque c’est là que nous avons remporté notre titre Volant 206 !

Propos recueillis par Olivier Delseaux

Photos Olivier Caenen

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