Interview de Sébastien Ogier et Julien Ingrassia

Interview réalisée par Olivier Delseaux en Mars 2013 Photos Olivier Caenen

« Pour sa diversité, le rallye du Touquet doit rester en championnat de France »

Sébastien Ogier et Julien Ingrassia ont répondu à nos questions depuis le Mexique. Venu en 2007 au Touquet, l’équipage est très vite passé en mondial avec un titre de champion junior 2008 et termine 3e du WRC en 2011. Après une année 2012 au volant de la Skoda S2000 à sillonner les manches pour garder la main, et par ailleurs, à mettre au point la Volkswagen Polo WRC, l’équipage est aujourd’hui largement en tête du championnat du monde après 3 épreuves. 2èmes au Monte-Carlo, vainqueurs en Suéde, dominant Sébastien Loeb et les Scandinaves, ils viennent encore de maîtriser leur sujet et d’assommer leurs adversaires dans la pampa mexicaine. Avec une nouvelle équipe et une voiture juste développée, pronostiquer une telle domination, pas de doute,  fallait Ogier !

 Le championnat de France des rallyes débute ici au Touquet. Avez-vous encore le temps de regarder, de suivre vos ex petits camarades ?

Sébastien Ogier : Oui je garde un œil sur le championnat français, D’ailleurs l’an passé je suis allé un peu au-delà du « simple spectateur » puisque j’ai aidé Jérémi Ancian à pouvoir participer au Volant 207, qu’il a d’ailleurs remporté.

Julien Ingrassia : Même si notre carrière nous a très rapidement amené sur le terrain des épreuves mondiales (nous n’avons passé que deux années en championnat de France), nous n’oublions pas « d’où nous venons », et les coupes de promotions en particulier sont toujours intéressantes à suivre !

Sauf erreur de ma part, vous êtes venus en 2007 courir sur la Côte d’Opale dans le cadre du volant Peugeot 206.

Quels souvenirs en avez-vous ? S.O J’en ai le souvenir d’un rallye vraiment typique, au niveau de difficulté élevé ! Que ce soient les conditions de route, avec beaucoup de cordes ramenant de la boue sur le bitume, ou bien les conditions météo, c’est une épreuve qui demande beaucoup de concentration.

J.I En l’occurrence notre seule participation au Touquet est synonyme pour nous d’un excellent souvenir, puisque c’est là que nous y avons été sacrés champions de la Coupe 206 2007 !

Plus habitués au parcours sinueux et montagnard, vous avez réussi à vous imposer cette année-là dans le volant Peugeot 206 sur le terrain spécifique du rallye du Touquet. Ce dernier vous a-t-il plu ?

S.O : Effectivement ce rallye offre des conditions d’adhérence très précaires, qui sont en général la chasse gardée des « locaux » de l’épreuve ou autres Belges, habitués à ce pilotage particulier. Et c’est peut-être précisément cette difficulté qui m’a plu lors de cette édition 2007, il a fallu que j’adopte un pilotage encore plus précis, avec une prise de note encore plus détaillée.

Seule épreuve au Nord de la Loire, ne pensez-vous pas nécessaire qu’elle reste au calendrier pour diversifier un tant soit peu le championnat ?

J. I : En ayant la chance de pouvoir prendre du recul sur le championnat de France, grâce à l’expérience du mondial, je peux vous garantir que beaucoup de rallymen et de nations nous envient cette diversité des épreuves que l’on retrouve tant sur terre que sur asphalte dans l’hexagone. Alors assurément, perdre le Touquet serait un réel manque et fort dommageable à cette image de marque que détient le Championnat de France.

Depuis cette victoire au Touquet que de chemin parcouru ! Les formules de promotion sont-elles encore à votre avis  incontournables pour celui qui veut se faire un nom dans le sport ?

S. O : Dans le même esprit que les propos de Julien à la question précédente, la France, à travers le travail de fond et l’engagement solide de la FFSA, fait office de référence dans la détection de jeunes talents et l’accompagnement de ceux-ci au meilleur niveau. Les efforts conjugués de la fédération, d’un constructeur et d’une structure opérationnelle sont probablement le meilleur gage d’une réussite future. Les formules de promotions proposent un matériel quasi identique pour tous, un règlement bien délimité, et c’est sûrement le meilleur moyen pour un équipage de développer les meilleurs compétences pour être « devant » !

Parmi les pilotes de pointe  présents sur la Côte d’Opale ce week-end, lequel vous semble sortir du lot ?

Réponse collégiale: De part l’attention particulière que l’on a eu sur la Coupe 207 2012 via Jérémy Ancian, nous savons que Stéphane Lefebvre a un certain potentiel ! Après, sur un rallye tel que le Touquet, où le pilotage fait vraiment la différence, d’autres équipages peuvent créer la surprise.